– Fiction – Episode 01.

– CHARLES –

 

Il est quatre heures du matin et je n’arrive pas à dormir. Bon c’est bon. J’arrête d’essayer de dormir. Il fallait que je sorte, de toute façon j’étouffais. Je m’habille et j’y vais. Je remets le jean que j’avais aujourd’hui ainsi que le même t-shirt. J’attrape mon perfecto et sors.

Il fait nuit noire et la rue est éclairée par quelques lampadaires dont un qui grésille. Il n’y a personne dehors et pourtant je me sens encore étouffé. Je sors de ma rue et je m’arrête. Une cigarette vite. Ca fait du bien. Je décide d’aller voir Louise. Je l’appelle. Elle ne décroche pas. J’insiste, je suis sûr qu’elle ne dort pas. Du moins, je l’espère. Louise répond ! Louise !

Après 12 appels manqués, Louise décroche au 13ème.

  • « Qu’est-ce qu’il y a Baby ? Tu devineras jamais où je suis ! »

J’avais raison, encore en vadrouille.

  • « Tu es chez Camille ? »
  • « Nan. Mieux que ça. »
  • « azy. Balance, il est 4h du mat’ putain. »
  • «  Oh ça va là ! Détends-toi un peu ! Je suis chez ….. »
  • « Putain Louise abrège ! »BIP BIP BIP.Elle a raccroché la garce. Han, je déteste ça et elle déteste encore plus quand je m’énerve. Elle dit toujours que je m’énerve pour rien.
  • « Je suis désolé Louise… »
  • « Chez Stephen, allez ramène ton cul. »

J’aime trop cette fille. C’est fou. Elle pardonne vite. Elle ME pardonne vite. Bon. Chez Stephen. Je suis à la Victoire là. Dans 10 minutes j’y serai. Je traverse toute la rue sainte Catherine et regarde les vitrines allumées. Ca me fait toujours drôle de me marcher dans cette rue lorsqu’elle est déserte. Après avoir tourné rue du Loup, je sonne chez Stephen.

Stephen, c’est le mec que ce rêve Louise en ce moment. Enfin rêve… On a tous compris.

J’arrive devant cette grande porte en bois massif peinte en rouge et je cherche le bouton sur lequel il faut que j’appuie. Je n’y vois vraiment rien. Ah ca y’est Stephen Mossei.

La porte s’ouvre et donne sur une cour intérieure. Les pavés sont les mêmes que ceux de la rue et plusieurs portes s’offrent à moi. J’appelle Louise. Avant même que la sonnerie se mette en marche, elle sort de la porte la plus à gauche.

Louise s’était mise sur son 31 et avait sorti l’artillerie lourde. D’habitude elle est toujours jolie avec ses anglaises noires qui lui englobent son visage ovale. Elle avait maquillé ses yeux noirs de façon à les rendre encore plus intense et portait le rouge à lèvres rouge qu’elle met tous les jours. Parce que le rouge à lèvres c’est indispensable. Elle était magnifique. Saoule mais magnifique.

  • « J’espère que tu vas le baiser avec cette tenue. »
  • « Au moins je m’envoie en l’air moi ! BAMM. »

BAMM.

  • « Faut vraiment qu’on se remette à compter les scores, sans challenge c’est pas drôle » Dis-je en sortant une cigarette.
  • « Quand tu veux Baby, tu peux mettre +1 pour moi ce soir » me lâche-t-elle avec un clin d’œil.

 

Je rentre et je découvre que la soirée est presque achevée. La plupart des gens sont déchirés, les bouteilles vides.

  • « Saluuuuuuuuuut, Chaaaaarles, il était temps »
  • « Hm. Pas motivé à vrai dire. Dis tu sais pas où est passé Louise ? Je viens de la perdre-là »
  • « Sans doute avec Stephen, elle a passé la soirée collée à lui comme un … »
  • « Ouais ok ok. »

 

  • « Baby, tu peux m’aider, j’suis coincée. Enfin, ma robe, sinon le reste ça va hein. »
  • « Tu veux que je te dézip là ? Maintenant ? Devant tout le monde ? »
  • «  Oui un peu, elle est cassée, si déjà je donne des soucis à Stephen avec ça, laisse tomber le reste, j’vais pas lui infliger trop d’un coup ! »
  • « Louise, faut qu’on parle. »
  • « Maintenant ? Devant tout le monde ? »
  • « NOT FUNNY. Oui, enfin maintenant. »

 

Et là le silence. Lorsqu’il y a Louise et le silence en même temps c’est que quelque chose ne va pas. Elle parle sans cesse, toujours. C’est ce que j’adore chez elle. Elle peut discuter de n’importe quoi. Vraiment de n’importe quoi. Mais là c’était vide, le bruit extérieur ne m’importait pas. Je n’entendais que son silence. Je savais ce qu’elle allait me dire.

  • « Qu’est-ce-que t’as fait encore ? »

 

 

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